Analyse | Martin St-Louis sera-t-il souvent contraint à surtaxer ses meilleurs joueurs?
CALGARY, Alberta - Martin St-Louis estime être en mode séries éliminatoires depuis la pause de Noël. C’est durant ce court congé qu’il a pris la pleine mesure de la côte que devait remonter le Canadien. L’équipe était au 14e rang de l’Association Est, elle n’avait remporté que quatre de ses 15 matchs sur la route, et elle était déjà à Noël à sept points d’une place en séries. C’est à partir de ce moment-là, aux yeux de l’entraîneur, qu’il est devenu impératif de peser sur l’accélérateur. Le CH a remporté six de ses sept matchs suivants pour donner un nouveau souffle à sa saison. La pause de la Confrontation des 4 Nations a donné à St-Louis une impression similaire. Après une séquence d’une seule victoire en neuf matchs avant le congé, il en allait de la survie de son club de se relancer, et vite. Il a enchainé avec une série de cinq victoires qui a convaincu le DG Kent Hughes de ne pas échanger certains joueurs. À ce stade-ci de la saison, même si les résultats ont une importance accrue pour le Canadien, ils ne peuvent pas non plus l’aveugler chaque fois qu’il perd un match. Il y avait eu beaucoup de frustration deux soirs plus tôt à Edmonton, mais samedi à Calgary, tout le monde dans le vestiaire jugeait que malgré la défaite de 1-0 aux mains des Flames, la façon dont le Canadien s’était battu était un pas dans la bonne direction. Cela dit, l’urgence commence à s’immiscer dans les décisions de l’entraîneurs et dans la façon dont le personnel est déployé. La différence entre la poussée victorieuse du temps des Fêtes et le hockey que joue le Canadien depuis le congé des 4 Nations, c’est le fait que le Canadien gagnait auparavant grâce à l’efficacité de ses quatre trios. Or, depuis la blessure à Kirby Dach, et encore plus en l’absence de Patrik Laine, malade, on est beaucoup plus dans la concentration des effectifs. Les meilleurs joueurs du Canadien ont encore été employés à outrance dans l’espoir de déjouer le gardien Dustin Wolf. Avec le CH en retard en début de troisième période, St-Louis est allé voir Nick Suzuki pour lui demander s’il était prêt à prendre de plus grosses bouchées. Je veux être sur la glace le plus possible. Je me sentais très bien ce soir. J’avais un peu plus de jambes que d’habitude et j’ai dit à Marty que j’étais capable de jouer plus. Il a raccourci son banc et j’ai été en mesure de me retrouver plus souvent sur la glace. Résultat : Suzuki et Cole Caufield ont joué davantage qu’ils ne l’avaient fait dans un match cette saison. Après les 27 premières minutes de la rencontre, au cours desquelles le Canadien avait eu de la misère à établir son jeu de transition et son échec avant, les Flames dominaient 16-6 au chapitre des lancers. Le Tricolore a graduellement trouvé son erre d’aller et il a dominé les Flames 20-8 aux tirs pour le reste de la rencontre. Et la pression est venue en premier lieu du trio de Suzuki. Au final, Wolf a résisté en offrant un niveau de compétition qui a impressionné Caufield et en réalisant son troisième blanchissage de la saison, ce qu’aucun gardien recrue n’avait jamais réussi dans l’histoire des Flames. Un peu comme lorsque le Canadien a affronté Macklin Celebrini et les Sharks de San Jose, les discussions entourant le trophée Calder remis à la meilleure recrue étaient faciles à démarrer. Mais même si Wolf a été époustouflant et que Lane Hutson a été tenu en échec, le défenseur du Canadien n’a pas été en reste. Hutson a passé plus de la moitié de la troisième période sur la patinoire (10:21). Il a orchestré plusieurs attaques du Canadien en plus de sauver un but quand, lors d’un rare surnombre des Flames en troisième période, il a soulevé le bâton de Matt Coronato au dernier moment pour l’empêcher de doubler l’avance des Flames. Alex Newhook et le centre recrue Owen Beck ont reçu l'aide de Josh Anderson sur leur trio en l'absence de Patrik Laine, malade. Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh St-Louis a expliqué que le calendrier influençait la façon dont il utilisait ses hommes. Sachant qu'ils auraient congé dimanche et qu’ils ne jouent pas avant mardi à Vancouver, il souhaitait que des joueurs comme Suzuki et Hutson soient en jambes parce qu’il allait presser le citron. Ce ne sera peut-être pas la même chose à l’occasion des séquences de deux matchs en deux soirs. Mais nonobstant le calendrier, le Canadien est un peu forcé pour l’instant à s’en remettre à son premier trio en attendant qu’une forme de production secondaire se manifeste. Entre Noël et le match à Detroit du 23 janvier, qui a en quelque sorte dégonflé la balloune du Canadien, Dach avait récolté huit buts et deux mentions d’aide en 14 matchs. Laine avait amassé quatre buts et cinq passes en dix matchs alors qu’il avait encore raté des matchs en raison d’un virus. À ce moment-là, et pour une période assez circonscrite dans sa saison, le Canadien avait un deuxième trio productif. Depuis, Dach a vu sa saison prendre fin et Laine est tombé au neutre. Le Finlandais ne joue plus beaucoup à 5 contre 5 aux côtés d’Alex Newhook et Owen Beck, et St-Louis reconnaît que contrairement à ses autres trios, cette unité-là n’a pas encore vraiment d’identité. Sans Laine face aux Flames, St-Louis a remodelé quelque peu ses trios et a envoyé Josh Anderson jouer avec Newhook et Beck, ce qui a donné des résultats intéressants. Le brave Michael Pezzetta, placé aux côtés de messieurs Dvorak et Gallagher, a été remplacé par d’autres plus souvent qu’autrement. Il reste qu’au retour de Laine, le problème demeurera entier : il faudra que le Canadien, malgré la fiabilité des trios de Dvorak et de Jake Evans, trouve le moyen de générer de l’offensive. Autrement, il y en aura beaucoup sur les épaules du trio de Suzuki. En attendant, dans un effort de remporter des matchs à bas pointage, St-Louis exige un sens des responsabilités aigu de la part de tout son monde. C’est le principal critère d’évaluation de ses effectifs actuellement. Avant même d’affronter les Flames, les joueurs du Canadien étaient déjà au courant que deux de leurs rivaux directs dans la course aux séries, les Sénateurs d’Ottawa et les Rangers de New York, s’étaient affrontés et avaient forcé la prolongation, laissant les deux équipes se séparer trois points entre eux. Ce ne sera guère mieux dimanche alors que les Sénateurs affronteront les Red Wings de Detroit et que les Rangers se frotteront aux Blue Jackets de Columbus. Tous ces potentiels matchs de trois points sont frustrants pour une équipe qui tente de remonter au classement, mais il n’y a que son propre sort sur lequel elle a le moindrement le contrôle. Si vos rivaux gagnent, vous devez gagner afin de ne pas perdre de terrain. Si vos rivaux perdent, vous devez gagner afin de grimper au classement. On ne s’en sort pas. C’est ça, jouer du hockey de séries.On veut être sur la glace, on veut se mettre cette pression sur nos épaules et être ceux qui vont dicter le match
, a ajouté Caufiled. On est une meilleure équipe quand on roule nos quatre trios, mais quand on tire de l’arrière, on veut être sur la glace et on veut faire le travail.
Tu apprends à apprécier ces choses-là parce qu’elles peuvent changer l’issue du match
, a indiqué Hutson. C’est comme une poursuite pour un attaquant ou un bon repli ou bien un bon bloc; dans une course vers les séries, toutes ces choses-là s’additionnent.

En attendant la production secondaire
Le plus gros truc depuis la pause, c'est vraiment la gestion de notre prise de risque, mentionnait en matinée le centre recrue Owen Beck. C'est quelque chose sur lequel Marty a insisté et je pense que ça renvoie à une sorte de jeu typique des séries éliminatoires. Vous prenez moins de risques, vous donnez moins de buts et moins d'occasions, et vous trouvez des moyens de gagner.
L'impératif de gagner
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